Et si le clavier devenait optionnel ? C’est le pari de Swifly, une application de dictée vocale dopée à l’intelligence artificielle, conçue en France par Baptiste Guyot. Son idée : vous parlez comme vous parleriez, elle écrit comme vous auriez aimé écrire. Disponible sur Mac, Windows et iPhone, elle s’attaque à un créneau déjà bien occupé par les Américains.
Dicter, oui. Mais dicter propre.
La dictée vocale n’a rien de neuf : Apple, Google et Microsoft l’intègrent depuis des années à leurs systèmes. Le problème, c’est qu’elle retranscrit tout, littéralement. Les « euh », les répétitions, les phrases qui partent dans un sens puis reviennent dans l’autre. Résultat : on passe presque autant de temps à corriger qu’on en aurait passé à taper.
Swifly veut aller plus loin que la simple transcription. Un raccourci clavier pour lancer la dictée, on parle naturellement, et un texte déjà mis en forme s’insère dans le champ ouvert : un e-mail dans Gmail, un message Slack ou WhatsApp, un document, une fiche CRM. Concrètement, l’application promet de :
- supprimer les mots parasites, les répétitions et les pauses ;
- placer la ponctuation automatique d’après le rythme et l’intonation de la voix ;
- ne garder que la version corrigée quand on se reprend : « on se retrouve à 14 h… en fait à 15 h » devient simplement « on se retrouve à 15 h » ;
- mettre en forme automatiquement : une énumération devient une liste numérotée, un long propos se découpe en paragraphes, un message destiné à un e-mail reçoit formule d’appel et signature.
Le ton qui s’adapte à l’appli
C’est sans doute l’idée la plus séduisante : Swifly détecte l’application dans laquelle vous écrivez et ajuste le registre. Une même phrase dictée sera soutenue dans Gmail, détendue dans Slack et spontanée dans WhatsApp. Quatre styles sont paramétrables : formel, décontracté, très décontracté et enthousiaste.
Pour éviter les noms propres massacrés — le grand classique de la dictée —, l’appli s’appuie sur le contexte affiché à l’écran et sur un dictionnaire personnel qui s’enrichit des noms d’entreprises, du vocabulaire métier et des contacts de l’utilisateur, synchronisé entre ses appareils.
Des fonctions pensées pour le boulot
Swifly vise clairement les pros. On y trouve des snippets, ces raccourcis vocaux qui insèrent un texte préenregistré (dire « statut du remboursement » affiche la réponse type complète), un mode commande réservé à la formule payante pour modifier un texte existant à la voix, et une correction ou une traduction en un clic sur n’importe quel texte sélectionné.
La dictée multilingue suit l’utilisateur quand il passe d’une langue à l’autre, et peut même écrire directement dans une langue cible — on dicte en français, le texte sort en anglais. L’éditeur revendique plus de 100 langues reconnues. Clin d’œil aux développeurs enfin : dans les éditeurs de code Cursor et Windsurf, Swifly joint au prompt dicté les fichiers sélectionnés comme contexte.
Sur Mac et Windows, Swifly s’active depuis le clavier et écrit dans n’importe quel champ de texte. Sur iPhone, elle prend la forme d’un clavier personnalisé utilisable dans toutes les applications. Une version Android est annoncée prochainement, sans date ferme.
Et la confidentialité ?
C’est le point à bien comprendre avant de se lancer : la dictée Swifly repose sur un traitement dans le cloud et nécessite une connexion Internet. Votre voix quitte donc votre appareil. L’éditeur indique que les données des utilisateurs sont exclues de l’entraînement des modèles et propose un Mode Confidentialité dans lequel les transcriptions ne sont pas conservées sur ses serveurs. Nuance importante : « non conservé » ne veut pas dire « traité localement ». Ceux pour qui l’audio ne doit sous aucun prétexte sortir de la machine se tourneront plutôt vers des solutions hors ligne, comme la dictée native d’Apple, Superwhisper ou MacWhisper.
Pour les entreprises, une offre dédiée ajoute l’authentification unique (SSO / SAML), des contrôles d’administration, un contrat-cadre et un accord de traitement des données (MSA et DPA).
Combien ça coûte ?
- Swifly Basic — gratuit : 20 000 mots par mois (seulement 2 000 en Mode Confidentialité), dictionnaire et snippets personnalisés.
- Swifly Pro — 12 € TTC par mois et par utilisateur, en facturation annuelle : dictée illimitée sur tous les appareils, mode commande, assistance prioritaire, dictionnaire et snippets partagés en équipe. Essai gratuit de 14 jours, avec enregistrement d’un moyen de paiement.
- Swifly Enterprise — sur devis.
L’application se télécharge sur swifly.me et sur l’App Store. Le détail des formules :
Notre avis
Swifly arrive sur un terrain déjà très disputé : l’américain Wispr Flow, Superwhisper, Spokenly ou Aqua Voice proposent peu ou prou la même promesse, à des tarifs comparables. Avec un peu plus d’un millier d’utilisateurs revendiqués, le petit nouveau français part de loin. Ses atouts : une interface et un support pensés en français, une adaptation du ton à l’application plutôt bien vue, et une formule gratuite généreuse pour se faire une idée. Reste à vérifier sur la durée la qualité de la reconnaissance — notamment sur les noms propres et le vocabulaire technique — et à accepter le passage par le cloud. La version gratuite permet de tester sans engagement : c’est le meilleur moyen de savoir si votre voix peut vraiment remplacer votre clavier.
« À l’origine du projet, je cherchais un outil efficace qui soit en mesure de me faire gagner du temps dans la rédaction de mes messages et mails, fidèles à mon ton et mes intentions. » — Baptiste Guyot, fondateur de Swifly


