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JAS Tensei : la mythique Honda NSX renaît avec Pininfarina et un V6 de 420 ch

La Honda NSX de première génération fait son grand retour, mais pas sous la bannière de Honda. Avec la JAS Tensei, le spécialiste italien JAS Motorsport et le célèbre carrossier Pininfarina ressuscitent l’une des sportives japonaises les plus emblématiques des années 1990. Au programme : une carrosserie en carbone, un V6 atmosphérique développé par Judd, une boîte manuelle et seulement 35 exemplaires. Une proposition à contre-courant de l’électrification et de la surenchère technologique.

Une Honda NSX réinventée par deux spécialistes italiens

Il y a des voitures auxquelles il vaut mieux ne pas toucher. La Honda NSX de 1990 fait incontestablement partie de cette catégorie. Avec son moteur central, son châssis en aluminium et sa mise au point à laquelle avait participé Ayrton Senna, la sportive japonaise avait démontré qu’il était possible de rivaliser avec les références européennes sans sacrifier la fiabilité ni le confort d’utilisation.

Trente-six ans plus tard, JAS Motorsport a décidé de lui offrir une nouvelle vie. Et pour mener à bien ce projet ambitieux, le spécialiste italien de la compétition automobile, partenaire historique de Honda, s’est associé à Pininfarina.

Baptisée JAS Tensei, cette création a été dévoilée le 8 octobre 2026. Son nom signifie « renaissance » ou « réincarnation » en japonais. Tout un programme pour une voiture qui entend conserver l’ADN de la NSX originelle tout en bénéficiant des technologies et des matériaux contemporains.

Il ne s’agit donc pas d’une simple restauration améliorée, mais d’une transformation en profondeur de la sportive japonaise.

Pininfarina modernise la NSX sans trahir son dessin

Confier la silhouette de la NSX à Pininfarina n’a rien d’anodin. Le carrossier italien avait déjà participé à la genèse de cette sportive avec le concept Honda HP-X de 1984, présenté au Salon de Turin.

Pour la Tensei, les designers ont conservé les proportions caractéristiques de la NSX : un capot plongeant, un habitacle avancé, une ceinture de caisse basse et de généreuses prises d’air latérales.

Mais les évolutions sont nombreuses. Les voies ont été élargies de 170 mm à l’avant et de 190 mm à l’arrière, tandis que l’empattement gagne 55 mm. La voiture affiche désormais une largeur de 1,93 m à l’avant et de 2 mètres à l’arrière, pour seulement 1,145 m de hauteur.

Résultat : une NSX nettement plus musclée, mais immédiatement reconnaissable.

L’un des détails les plus intéressants concerne les célèbres phares escamotables. Alors que cette solution a pratiquement disparu de l’industrie automobile, JAS et Pininfarina ont choisi de la conserver. Les mécanismes ont toutefois été entièrement repensés, avec des composants en titane et un éclairage LED moderne.

À l’arrière, on retrouve également le bandeau lumineux horizontal caractéristique de la NSX, désormais doté d’une signature LED tridimensionnelle.

La carrosserie, quant à elle, abandonne l’aluminium au profit de panneaux entièrement réalisés en fibre de carbone. Le travail aérodynamique comprend notamment un soubassement plat et un diffuseur arrière actif.


Un V6 atmosphérique Judd de 420 ch : le plaisir avant tout

C’est probablement sous le capot arrière que la JAS Tensei devient la plus intéressante.

À une époque où les sportives adoptent massivement l’hybridation, les turbocompresseurs ou la propulsion électrique, JAS Motorsport a fait un choix radical : conserver un V6 atmosphérique associé à une boîte manuelle.

Pour cela, le constructeur s’est rapproché du motoriste britannique Judd, bien connu pour ses moteurs de compétition, notamment en Formule 1 et en endurance.

Le point de départ reste le bloc Honda C30A de la NSX originale, mais sa cylindrée passe de 3,0 à 3,5 litres. Les composants internes ont été profondément revus, avec notamment de nouvelles culasses, des soupapes en titane et six papillons d’admission individuels.

Le système VTEC d’origine disparaît au profit d’une distribution à calage fixe développée pour les hauts régimes.

Selon la fiche technique officielle, le résultat est particulièrement séduisant :

  • Puissance : 420 ch à 8 300 tr/min
  • Couple : 414 Nm à 5 500 tr/min
  • Régime maximal : 8 500 tr/min
  • Cylindrée : 3 500 cm³
  • Transmission : boîte manuelle à six rapports
  • Motricité : propulsion avec différentiel autobloquant Torsen

L’échappement réalisé en Inconel et titane promet également une sonorité à la hauteur des ambitions mécaniques.

Pas de transmission automatique à double embrayage, pas de moteur électrique pour combler les creux de couple : la Tensei mise sur la réponse immédiate de son V6 et sur l’implication du conducteur.

Une philosophie qui rappelle précisément ce qui faisait le charme des grandes sportives des années 1990.

1 250 kg et une mécanique digne d’une voiture de course

Avec ses 420 ch pour 1 250 kg à sec, la JAS Tensei affiche un rapport poids/puissance de seulement 2,98 kg/ch.

Pour atteindre ce résultat, JAS Motorsport ne s’est pas contenté d’installer une carrosserie en carbone.

La monocoque en aluminium de la Honda NSX a été conservée, mais renforcée avec des éléments structurels en carbone et Kevlar. Les trains roulants ont été entièrement retravaillés, avec des doubles triangles à l’avant et une suspension multibras à l’arrière.

Les amortisseurs pilotés KW disposent de multiples possibilités de réglage, tandis qu’un système de relevage du train avant facilite le franchissement des obstacles du quotidien.

Le freinage est confié à Brembo, avec des étriers à six pistons à l’avant et quatre à l’arrière. Les jantes forgées OZ Racing à écrou central, dessinées par Pininfarina, mesurent 19 pouces à l’avant et 20 pouces à l’arrière.

Elles accueillent des pneumatiques Pirelli de 245 mm et 285 mm de largeur.

JAS Motorsport n’a pas encore communiqué de chiffres officiels concernant le 0 à 100 km/h ou la vitesse maximale. Mais compte tenu du poids annoncé et de la puissance disponible, les performances devraient être sérieuses.

Reste à savoir comment cette nouvelle NSX se comportera sur route, là où la version originale avait justement construit sa réputation.

Un habitacle moderne, mais sans écran géant

À bord, Pininfarina a également choisi de privilégier l’essentiel. La planche de bord conserve l’architecture basse et dégagée de la NSX, avec une excellente visibilité périphérique. Un élément important puisque l’ergonomie et la facilité de conduite faisaient partie des grandes qualités de la sportive japonaise.

Le carbone apparent côtoie le cuir pleine fleur, l’Alcantara et des éléments usinés en titane.

Les sièges baquets ont été développés spécialement par Sabelt. Le volant, volontairement dépourvu de commandes superflues, privilégie la simplicité.

Mais le détail qui devrait séduire les amateurs de mécanique reste la commande de boîte manuelle à grille apparente, avec son pommeau taillé dans un bloc de titane.

L’instrumentation associe un grand compte-tours analogique central à deux petits écrans OLED destinés aux informations mécaniques et aux données de conduite.

Pas de gigantesque tablette tactile occupant toute la planche de bord : ici, la technologie reste au service de la conduite.

La climatisation automatique et un système audio haute fidélité sont néanmoins prévus, histoire de rappeler que cette Tensei reste une sportive destinée à la route.

880 000 € hors taxes… et il faut apporter sa Honda NSX !

Vous pensiez que la JAS Tensei serait chère ? Vous n’avez encore rien vu. Pour transformer une Honda NSX en cette spectaculaire création signée Pininfarina, JAS Motorsport annonce un tarif de 880 000 € hors taxes. Et à ce prix, la voiture de départ n’est même pas comprise !

Le principe est simple : chaque client doit disposer d’une Honda NSX de première génération, qui sera entièrement démontée puis reconstruite. Ceux qui n’en possèdent pas peuvent demander à JAS Motorsport de leur en trouver une. Une prestation supplémentaire qui viendra alourdir la facture.

En France, avec une TVA de 20 %, la transformation représenterait à elle seule 1 056 000 € TTC, sous réserve du régime fiscal applicable. Ajoutez une NSX donneuse, dont les beaux exemplaires peuvent dépasser les 100 000 €, les éventuelles personnalisations et les frais annexes, et le budget total pourrait largement franchir les 1,15 million d’euros. Un éventuel malus écologique dépendrait des conditions d’immatriculation du véhicule transformé.

Et pour ceux qui seraient tentés de passer commande, il faudra probablement prendre leur mal en patience. Selon un responsable de JAS Motorsport interrogé par Le Blog Auto, les 35 exemplaires prévus auraient déjà trouvé preneur, dont 25 avant même la présentation officielle.

À ce niveau de prix, la JAS Tensei ne joue évidemment plus dans la catégorie des simples sportives. Elle rejoint le cercle très fermé des restomods d’exception, destinés à des collectionneurs prêts à dépenser une petite fortune pour retrouver les sensations d’une Honda NSX des années 1990, avec une bonne dose de technologie contemporaine.

La JAS Tensei, ou le retour d’une certaine idée de l’automobile

La JAS Tensei arrive à un moment particulier de l’histoire automobile. Alors que les constructeurs multiplient les sportives électrifiées, toujours plus puissantes et bardées d’électronique, ce projet italien emprunte une direction presque opposée.

Avec ses 420 ch, elle ne cherche pas à rivaliser avec les hypercars de plus de 1 000 ch. Son ambition est ailleurs : retrouver les sensations d’une sportive légère, communicative et mécaniquement expressive.

Le choix d’une boîte manuelle, d’un moteur atmosphérique capable de grimper à 8 500 tr/min et d’un habitacle débarrassé des distractions numériques traduit cette philosophie.

Bien sûr, il faudra attendre les premiers essais pour savoir si la magie de la NSX originale opère toujours. Et surtout, si les modifications apportées par JAS Motorsport préservent cet équilibre entre performances, précision et facilité de conduite qui avait fait la réputation du modèle japonais.

Mais sur le papier, cette JAS Tensei possède tous les ingrédients pour devenir l’un des restomods les plus désirables du moment.

Et il faut reconnaître qu’une Honda NSX redessinée par Pininfarina, équipée d’un V6 Judd atmosphérique et d’une boîte manuelle, constitue une proposition particulièrement réjouissante.

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